Test : SSD Seagate IronWolf 510, un SSD NVMe pour les NAS

Ça bouge chez Seagate avec du SSD un peu particulier. En effet, après le Barracuda 510 512 Go, le FireCuda 510 1 To et le FireCuda 520 1 To que nous avions tous pu tester en M.2. Après le le IronWolf 110 240 Go, un SSD pour les NAS au format 2,5″ SATA, voici que se pointe un nouveau modèle pour les NAS, mais au format M.2 NVMe.
Au programme, un SSD disposant d’un cache hyper-rapide et d’une interface PCIe Gen3 x4 NVMe 1.3. Du lourd permettant notamment d’apporter aux NAS compatibles un gain de performances plus qu’appréciable.

SSD Seagate IronWolf 510 1,92 To, pour rendre les NAS encore plus rapides

Un SSD n’est pas forcément réservé aux PC gamers, créateurs de contenu ou professionnels de la photo et/ou vidéo. De nombreuses entreprises s’en servent pour leurs machines afin de gagner en productivité.
Et le SSD que nous avons entre les mains ne se destine pas en priorité aux PC comme tout bon IronWolf (même si cela reste parfaitement possible), mais aux NAS. Et plus précisément à ceux disposant d’un ou plusieurs emplacements M.2. Mais pour quoi faire nous direz-vous ? Et bien cela permet de constituer un cache système ultra-rapide qui aura pour effet d’augmenter les performances de stockage tout en minimisant les coûts.

Au niveau des prix conseillés, nous avons la version 240 Go à 114,00 €, la version 480 Go à 159,00 €, la version 960 Go à 319,00 € et notre modèle de test en 1,92 To à 519,00 €. Quant au débits annoncés pour la version 1,92 To, ils sont de 3 150 Mo/s en lecture et 850 Mo/s en écriture. Dans ce test voici donc le SSD Seagate IronWolf 510 1,92 To, le premier SSD PCIe au monde destiné aux NAS professionnels.

Seagate IronWolf 510 1,92 To vue 1

En termes de capacité, le IronWolf 510 reste raisonnable puisqu’il est proposé dans des capacités allant de 240 Go à 1,96 To. En même temps cela semble logique puisqu’il s’agit principalement d’offrir un cache SSD à un NAS. Donc il n’est pas question de stockage pur.
La boîte est rouge, couleur de la série IronWolf. La marque, le loup aux yeux rougeoyants, une photo du SSD et ses caractéristiques principales sont affichés côté face. Côté pile c’est succinct avec quelques informations en 11 langues différentes.

Seagate IronWolf 510 1,92 To boîte

Le SSD IronWolf 510 dispose donc d’une interface PCIe Gen3 x4 NVMe. Il est annoncé jusqu’à 345 000 IOPS en lecture aléatoire et 28 000 IOPs en écriture aléatoire pour le modèle 960 Go.
Pour notre modèle 1,92 To ça sera 270 000 IOPS en lecture aléatoire et 25 000 IOPs en écriture aléatoire. Il dispose d’une durée de vie de 3 500 TOE (Total d’Octet Ecrit), ce qui est plus qu’appréciable pour un SSD devant prendre place dans un NAS. Le MTBF (Temps moyen entre deux pannes) est de 1 800 000 heures. Nous retrouvons un PCB bleu sur lequel reposent 4 puces Toshiba 3D TLC de 512 Go chacune. On retrouve aussi deux puces SK hynix H5AN8G8NCJ de 8 Go chacune. Il s’agit de mémoire vive dynamique synchrone DDR4 qui sert de mémoire cache.

Mais il y a également le contrôleur mémoire Seagate STXYP011A88F, sans oublier le contrôleur d’alimentation Phison PS6102-22. Un travail de collaboration étroit entre Seagate et Phison que l’on retrouvait déjà dans le FireCuda 510.

contrôleur mémoire

La consommation de ce SSD est de 2 W en moyenne et 6 W en charge au maximum. La garantie est de cinq ans, plutôt rassurant quant à la durabilité de ce SSD.

Usage

Ce SSD Seagate IronWolf 510 est principalement destiné aux périphériques de stockage en réseau, nos fameux NAS. Pour peu que votre NAS soit compatible et comporte un ou plusieurs emplacements M.2 NVMe, le SSD sera pris en compte pour accélérer les performances du NAS.
Cela peut se traduire jusqu’à des performances IOPS jusqu’à dix fois supérieures, mais également par une réduction de la latence pour les volumes de stockage.
Chez Synology nous avons par exemple le modèle DS918+, chez Asustor nous avons le Lockerstor 8 (AS6508T), un modèle 8 baies destiné aux professionnels. Tandis que chez QNAP nous avons par exemple le TS-351.
Nous pensons clairement qu’il s’agit d’un excellent choix pour les TPE et les professionnels en général. En effet, ce SSD permet d’allier un gros stockage en disques durs classiques et d’un, voire deux, SSD NVMe pour augmenter les performances globales.

Logiciel

Seagate dispose de plusieurs logiciels afin de surveiller la santé de votre périphérique de stockage, de mettre à jour son micrologiciel et de diagnostiquer d’éventuels problèmes.
D’un côté nous avons SeaTools™ pour Windows dont l’interface n’est pas sexy du tout. Les principales fonctionnalités de celui-ci seront de surveiller l’état du disque, surveiller les performances du disque et les mises à jour du firmware et du logiciel.

Bien que tous vos disques apparaissent dans le logiciel, l’ensemble des fonctionnalités ne sont disponibles que pour les produits Seagate. Nous y retrouvons cinq menus :

  • Scanner à nouveau
  • Tests basiques
  • Abandon des tests
  • Outils de système
  • Aide

Les produits Seagate ont eux droit au menu « Tests avancés ». Il apparaît en allant dans le bas du menu « Tests basiques ». Pour les produits non Seagate, seuls les tests basiques sont disponibles. SeaTools vous prévient alors qu’il vous faudra être prudent, car cela peut vous amener à effacer vos données ou rendre le SSD inutilisable. Appuyez sur F8 pour valider et confirmer votre choix.

Et de l’autre côté, pour celles et ceux qui désireraient une interface graphique, voici l’Interface utilisateur graphique de SeaTools pour les SSD. Deux thèmes au choix vous seront proposés dès le démarrage, un vert à l’image des Barracuda et un orange à l’image des FireCuda. On arrive sur le « Sommaire », où l’on trouve la liste des SSD présents dans le PC au moment du test. On y retrouve l’usage du SSD en pourcentage, sa température et son pourcentage de vie restant.

logiciel Seatools SSD

En cliquant sur « Drive Details » on accède à plus d’informations. Dans le premier onglet se trouve le Détail du SSD, dans le deuxième onglet l’Interface et enfin le SMART.

Puis nous passons au menu « Opérations ». Nous y trouvons tout le nécessaire pour la maintenance et le support de vos SSD :

  • Mise à jour du Firmware
  • Ajustement de la capacité
  • Effacement des données
  • Tests
  • Création d’un support bootable
  • DiscWizard
  • Logs

Dans la troisième partie du menu « Settings », nous avons accès à la fréquence de rafraîchissement du SMART et des événements. Les événements ont la possibilité d’être triés ensuite selon les critères voulus. L’onglet « About » nous donne le numéro de la version actuelle de SeaTools SSD, la 4.1.81 en l’occurrence. Et enfin, pour celles et ceux qui souhaiteraient changer le thème, vous pouvez le faire via le menu « Thème ».

Étant un produit destiné aux professionnels, vous aurez droit au logiciel IronWolf Health Management qui analyse l’état du disque. Dès que celui-ci sera disponible, pour les NAS compatibles, cela vous permettra de garder un œil sur l’état de santé de votre SSD. Tout comme le SSD SATA IronWolf 110, le SSD IronWolf 510 bénéficie des services de récupération des données Rescue valables deux ans.

Tests et benchmarks : Seagate IronWolf 510 1,92 To

Notre nouvelle configuration de test AMD se compose des composants suivants :

  • Carte mère Gigabyte X570 AORUS Elite (bios F11)
  • Processeur AMD Ryzen 5 3600 @ 3,8 GHz
  • Watercooling AiO CORSAIR iCUE H100i RGB PRO XT (en test ici)
  • Carte graphique PNY GT 610 1 Go DRR3
  • Alimentation ANTEC HCG750 Bronze (en test ici)
  • Boîtier Antec P110 Luce (en test ici)
  • Windows 10 64Bit

Pour connaître les performances de notre SSD Seagate IronWolf 510 1,92 To, nous allons le comparer avec les SSD que nous avons en notre possession :

Pour les benchmarks, voici ceux que nous utilisons :

  • AS-SSD Score
  • CrystalDiskMark SEQ1M Q8T1
  • CrystalDiskMark SEQ1M Q1T1
  • CrystalDiskMark RND4K Q32T16
  • CrystalDiskMark RND4K Q1T1

Nous rappelons auparavant que Seagate annonce des performances de l’ordre de 3 150 Mo/s en lecture séquentielle et 850 Mo/s en écriture séquentielle.

AS-SSD Score

Seagate IronWolf 510 1,92 To AS-SSD-score

Ça commence pas trop mal pour notre Seagate IronWolf 510 avec un score AS-SSD de 1596 points en lecture et de 1107 points en lecture. Ce qui le place entre le Seagate Barracuda 520 et le Kingston A2000 1 To.

CrystalDiskMark SEQ1M Q8T1

Seagate IronWolf 510 1,92 To CrystalDiskMark SEQ1M Q8T1

Concernant le benchmark CrystalDiskMark SEQ1M Q8T1 notre Seagate IronWolf affiche 966,47 MB/s en écriture et 3 344,18 MB/s en lecture. Mais il n’y pas lieu de s’alarmer, car cela correspond +/- à ce que Seagate annonce.

CrystalDiskMark SEQ1M Q1T1

Seagate IronWolf 510 1,92 To CrystalDiskMark SEQ1M Q1T1

Bon ben ici notre IronWolf 510 prend la dernière place avec 970,5 MB/s en écriture séquentielle. Avec 1 581,28 MB/s en lecture séquentielle c’est un peu mieux puisqu’il se positionne entre le Intel 600p et le Kingston A2000.

CrystalDiskMark RND4K Q32T16

Seagate IronWolf 510 1,92 To CrystalDiskMark RND4K Q32T16

En RND4K Q32T16, le IronWolf 510 reprend du poil de la bête avec 1270,48 MB/s en écriture tandis qu’en lecture il donne 932,79 MB/s. Derrière le Seagate FireCuda 520, mais devant le Kingston A2000.

CrystalDiskMark RND4K Q1T1

Finissons le benchmark CrsytalDiskMark avec le RND4K Q1T1. Notre IronWolf 510 s’en sort très bien en terminant premier, du moins en écriture.
En effet avec 220,27 MB/s en écriture il est devant les autres SSD, et oups, bon dernier en lecture avec 31,87 MB/s. On ne peut pas tout avoir.

Seagate IronWolf 510 1,92 To CrystalDiskMark RND4K Q1T1

Dans l’ensemble, que dire de notre Seagate IronWolf 510 1,92 To ? Avec son interface PCIe 3.0 il reste dans une moyenne basse. Même s’il ne brille pas par ses performances, rappelons que ce SSD ne vise pas les performances à tout prix. En effet il est destiné à être utilisé dans des NAS acceptant la mémoire cache multiniveau et ainsi d’augmenter les performances des disques durs mécaniques présents dans ceux-ci. L’important dans ce cas, c’est la durabilité et la possibilité de fonctionner 24h/24.

ATTO Disk Benchmark

Sans dissipateur thermique, le début du bench se passe bien, les débits sont stables à ~900 MB/s en écriture et 3,20 GB/s en lecture. Mais à partir d’un moment le débit chute à 600 MB/s puis 500 MB/s pour finir à 418 MB/s en écriture et 1,81 GB/s en lecture.
Et si nous relançons le benchmark cela ne va pas en s’arrangeant. Au fur et à mesure où la température augmente, un effet de Thermal Throttle apparaît et a un impact sur les performances.

Si l’on coiffe notre SSD IronWolf 510 du dissipateur thermique de notre Gigabyte X570 AORUS Elite, ce phénomène n’apparaît plus, que ce soit en écriture avec un maximum de 925,06 MB/s ou en écriture avec 3,24 GB/s, les débits étant stables du début jusqu’à la fin.

Si nous faisons le tour des benchmarks, notre Seagate IronWolf 510 1,92 To ne brille pas par ses performances face aux autres références, mais respecte parfaitement les débits annoncés par Seagate. Il se destine aux NAS, en jouant son rôle de cache mémoire afin de booster les performances de ceux-ci.
Nous n’avons malheureusement pas pu le vérifier dans les faits, notre Asustor Nimbustor 2 ne possédant pas de port M.2 et n’étant par conséquent pas compatible.

Températures : SSD Seagate IronWolf 510 1,92 To

Sans dissipateur notre SSD Seagate IronWolf 510 1,92 To affiche une température à vide de 40 °C tandis qu’en lui infligeant une séance de CrystalDiskMark il monte à 71 °C en charge.
Avec le dissipateur thermique de notre carte mère, la température est plus mesurée avec 38°C à vide et 57 °C en pleine charge. Soit près de 14°C de gagné, ce qui ne peut être que profitable aux performances de notre SSD.

Les SSD NVMe ayant des performances élevées, ils ont tendance à chauffer lors de fortes sollicitations et ce IronWolf 510 n’y échappe pas. Si vous disposez de suffisamment d’espace dans votre NAS, il est recommandé d’y apposer un dissipateur thermique comme le Hybrid Cooling Modding Pro EVO.Z que nous avons testé.
Nous regrettons que Seagate n’ait pas pensé à intégrer un cooling low-profile de base à son SSD. Destiné à un usage plus ou moins intensif cela aurait été un plus non négligeable.

Conclusion : SSD Seagate IronWolf 510 1,92 To

Seagate nous propose ici l’allié idéal pour les PME et professionnels de la création. Dédié aux environnements NAS multi-utilisateurs, le IronWolf 510 dispose d’une forte endurance et permet une mise en mémoire cache ultra-rapide au stockage en réseau.
Il repose sur une interface PCIe 3.0 x4 NVMe avec un contrôleur Phison PS6102-22. Seagate annonce des vitesses de lecture de 3 150 Mo/s et 850 Mo/s en écriture, et cela se vérifie lors des benchmarks.
Quatre capacités sont proposées : 240 Go, 480 Go, 960 Go et 1,92 To. En termes d’endurance il a de quoi voir venir, puisqu’il est question d’un TOE (Total d’octet en écriture) jusqu’à 3 500 To pour le modèle 1,92 To et en moyenne 1,8 millions d’heures entre deux pannes (MTBF).

Les professionnels bénéficieront de l’outil IronWolf Health Management qui analyse l’état du disque dès que celui-ci sera disponible pour les NAS compatibles.

Au niveau des prix conseillés, nous avons la version 240 Go à 114,00 €, la version 480 Go à 159,00 €, la version 960 Go à 319,00 € et notre modèle de test en 1,92 To à 519,00 €. Un tarif somme toute assez élevé, mais rappelons que la clientèle visée est purement professionnelle. Et ce genre de SSD est une première puisqu’il s’agit du premier SSD PCie conçu pour les systèmes NAS professionnels au monde.
Une première d’ailleurs saluée par Meiji Chang, Directeur Général de QNAP Systems, Inc. :

« Nous sommes heureux de voir que Seagate étoffe sa gamme de SSD pour les NAS. Les nouveaux disques répondent aux exigences liées aux SSD dans le segment du stockage en réseau, pour des performances et une endurance accrues. QNAP est ainsi à même de créer davantage de systèmes et d’applications fiables et axés sur les performances, tels que des réseaux 100 % Flash sur lesquels nos utilisateurs peuvent compter. »

Au vu de tous ces points, même avec un tarif un peu élevé nous attribuons notre HC d’Or à ce SSD Seagate IronWolf 510 1,92 To. Les performances sont correctes, et gageons que le tarif saura être adapté quand des modèles concurrents sortiront.

Médaille d'or par HardwareCooking

Pour

  • Excellente endurance
  • Grand cache d’écriture
  • Performances globales
  • Design simple
  • Garantie de 5 ans

Contre

  • Prix de vente encore un peu élevé
  • Ça chauffe un peu lors de fortes sollicitations
  • Pas de dissipateur thermique fourni

 

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